Kasba Ait Ouzza, Boumalne Dadès, Marruecos

Roger Mimó:

LA ROUTE DES MILLE KASBAHS

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Étape 1 : De Marrakech à Ouarzazate et Skoura

En venant de Marrakech, on traverse le Haut Atlas par le col de Tichka (2.260 m), et on emprunte immédiatement la mythique route des mille kasbahs.

On vous conseille de prendre la première déviation qui quitte la N 9 sur la gauche juste avant Aguelmous et conduit à Telouet; le goudron est en cours de renouvellement en 2014. À Telouet on trouve la fameuse kasbah du Glaoui, berceau de la puissante famille El Glaoui (31º 17’ 209 N – 7º 14’ 227 W). Sa partie la plus ancienne (en ruine) date du XIXe siècle, alors que la partie la plus moderne, datant des années 1930, est construite en pierres et même en béton armé. Son style est nettement urbain, comme une imitation des palais de Marrakech, avec beaucoup de plâtre, des zelliges et du bois de cèdre sculpté. L'ensemble est assez mal conservé, même si quelques parties ont été restaurées en 2010. L'entrée coûte 20 DH.

La route relie ensuite Telouet à Ait Ben Haddou à travers la splendide vallée d'Ounila, où l'on trouve de nombreuses et très belles kasbahs, par exemple à Anemiter et à Anguelz. On rencontre aussi d'intéressants villages en pisé, comme Taguendoucht et Assaka. Plus loin, une déviation à droite (un kilomètre) conduit à Tazlaft (31º 05,903' N - 7º 08,777' W), où un grenier collectif, restauré par des coopérants belges, est ouvert à la visite (prévoir une pièce).

Puis on arrive à Tamdakht, où on peut voir une kasbah en ruine qui appartenait autrefois à la famille El Glaoui (31º 05,125' N - 7º 08,700' W). Son aspect extérieur est fantastique. Les habitants proposent de visiter les annexes, caractérisées par leur décor citadin (entrée : 20 DH).

Ensuite on arrive à Ait Ben Haddou (31º 02,824' N - 7º 07,773' W), un ksar qui comprend à l'intérieur six kasbahs (pour connaître la différence entre les deux mots, voir la rubrique "qu'est-ce qu'une kasbah"). L'ensemble, déclaré patrimoine mondial par l'UNESCO, reçoit chaque jour plusieurs centaines de touristes et plusieurs milliers en haute saison. D'une grande valeur esthétique, il est en cours de restauration sous l'égide du Ministère de la Culture.

L'entrée au ksar est gratuite pour l'instant. Ne tombez pas dans le piège de certains habitants qui proposent une entrée payante à travers leur domicile !

D'Ait Ben Haddou on rejoint la route de Ouarzazate à Tabouraht. Là, une piste conduit à Tikert (30º 57,246' N - 7º 05,874' W). Ce village comprend plusieurs casbahs très belles, qu'en principe on ne visite pas.

De la route de Ouarzazate, on voit aussi un beau village en terre nommé Tazentout. Dans le village il y a un ancien ksar, ainsi qu'un grenier collectif placé sous la protection d'un marabout (30º 58,047' N - 7º 05,599' W). Malheureusement, ce grenier est en ruine.

Avant d'arriver à Ouarzazate, si on prend la route de Zagora, à droite, on passe par la kasbah de Tifoultout (30º 55,587' N - 6º 59,396' W). Autrefois de grandes proportions, elle est aujourd'hui presque totalement ruinée, hormis une partie réhabilitée. On peut la visiter (10 DH) et sa terrasse offre une large vue panoramique sur la région.

En continuant par la route de Zagora et prenant une déviation à gauche, on arrive à la kasbah de Talmesla (30º 54,347' N - 6º 52,879' W), plus connue sous le nom "la kasbah des cigognes" à cause des nombreux échassiers qui font leur nid sur ses tours. Elle appartenait aussi à la famille El Glaoui, mais elle se trouve dans un état d'abandon pitoyable. Sa silhouette, avec le barrage d'Al Mansour au fond, reste néanmoins très pittoresque.

Dans la ville de Ouarzazate se trouve la grande kasbah de Taourirt (30º 55,183' N - 6º 53,966' W), qui fut un des centres de pouvoir de la famille El Glaoui pendant la première moitié du XXe siècle. La partie principale de la kasbah est ouverte au public moyennant un droit de visite de 20 DH. La partie arrière abrite le CERKAS, un organisme appartenant au Ministère de la Culture et chargé de la sauvegarde du patrimoine architectural au sud du Maroc. La casbah de Taourirt fut restaurée au long des années 1990. À côté, le vieux ksar de Taourirt reste habité et de nombreux magasins y sont ouverts, ainsi que quelques logements destinés aux touristes.

La route de Ouarzazate à Skoura offre un très mince intérêt du point de vue architectural; néanmoins, une déviation goudronnée qui conduit à Ghassat et Asseghmou (31º 13,921' N - 6º 48,773' W) permet de découvrir de nombreuses kasbahs très pittoresques, de même qu'une piste praticable avec n'importe quelle voiture qui se dirige à Timatdit (31º 06,325' N - 6º 47,287' W). Dans ce dernier village il y a cinq casbahs, toutes en ruine. À Asseghmo il y en a huit et beaucoup d'autres se trouvent le long de la route. Ighrem Amellal mérite d'être mentionnée pour sa beauté. À Ghassat, la Tighremt n'Ait Rho (31º 11,225’ N - 6º 48,821’ W) ouvre ses portes aux visiteurs.

L'oasis de Skoura constitue une des plus grandes concentrations de forteresses bâties en terre de tout le sud marocain. L'inventaire rédigé par le CERKAS en collaboration avec l'Université Polytechnique de Valencia fait mention d'un total de 145 kasbahs, la plupart en ruine.
De nombreux chemins parcourent l'oasis en tous sens, certains praticables en voitures de tourisme, les autres seulement en vélo ou en moto.
Beaucoup de kasbahs sont accessibles de la route de Ouarzazate même. Du centre potier de Gueddara part une piste vers Oulad Merzoug et Chaaba, villages connus pour ses trois kasbahs spectaculaires.

Sans aucun doute, la kasbah la plus celèbre de Skoura est celle d'Amerhidil (31º 02,803' N - 6º 34,888' W). Elle a été restaurée mais son bâtiment principal est fermé au public et la visite se limite à celle d'un riad annexe et de plusieurs cours où sont exposés de nombreux objets d'usage traditionnel (droit d'entrée : 10 DH).

Près d'Amerhidil, la kasbah Ben Moro (31º 02, 595’ N - 6º 34,590’ W), transformée aujourd'hui en hôtel, vaut le coup d'œil. De même la kasbah d'Ait Abou, la plus haute de la palmeraie et peut-être de toute la région, offre des possibilités de logement et est ouverte à la visite touristique. Les autres, en principe, ne se visitent pas.

Il y avait autrefois à Skoura un grand nombre de greniers collectifs protégés par des marabouts. Malheureusement tous ces greniers ont disparu et ne subsistent que les marabouts. Celui de Sidi Aissa à Tascoucamt (31º 02,605’ N - 6º 34,711’ W), situé près de la kasbah Ben Moro, a été restauré en 2007.

Skoura est en plus le point de départ de différentes excursions. La plus intéressante est sans doute celle de Sidi Flah (31º 08,196' N - 6º 28,991' W), une palmeraie verdoyante pleine de kasbahs pittoresques et située sur la rive du fleuve Dadès, à 10 Km. de Skoura par une piste praticable par une voiture de tourisme.

Une autre excursion nous amène à Toundout par une route bitumée. Vous y verrez plusieurs kasbahs encore habitées et, partant, très bien conservées. Se distingue par ses dimensions celle qui avait appartenu au représentant du Glaoui dans cette contrée (31º 15,962' N - 6º 35,313' W).

Enfin, une piste traverse tout l'oasis de Skoura et mène à Ait Said ou Mansour, où nous admirerons, entre d'autres, la tighremt n'Ait Moho, de grandes proportions, aujourd'hui à l'abandon (31º 07,334' N - 6º 38,294' W).

Étape 2 : de Skoura à la vallée du Dadès

La route nationale avance entre Skoura et Quelat Mgouna par un paysage désertique sans un seul village ou kasbah. Sauf à Imassine, où se nichent une quinzaine de kasbahs. Imassine est une petite oasis pleine d'arbres fruitiers. Il n'y a plus un seul palmier jusqu'à Tinghir.

Un peu avant Quelat Mgouna, nous apercevons de l'autre côté de l'oued les ruines de la forteresse qui donna son nom à cette ville et, pas loin, la kasbah Ait Fadil (31º 13,871' N - 6º 08,508' W), très attirante, en bon état de conservation.

La haute vallée du Mgoun ou "vallée des Roses"

Du centre de Quelat Mgouna part une route vers le Nord. Si on la prend, on découvre tout de suite les restes du ksar Mirna (31º 15,378’ N - 6º 07,930’ W), au milieu des jardins, et un peu plus loin l'impressionnante kasbah de Mirna dressée sur un piton rocheux (31º 15,549’ N - 6º 82,626’ W).

Ensuite, cette route remonte la vallée du Mgoun, dite "vallée des Roses", en passant par de nombreux villages, comme Azrou et Tourbist. D'Azrou, une piste à gauche permet accèder à Tazrout, où se trouvent deux kasbahs de grande hauteur.

À Bou Taghrar se dresse, entre autres, la kasbah d'Ait Oumergden (31º 23,457’ N - 6º 07,937’ W), impressionnante par ses proportions et par sa riche décoration en adobes. On peut y accéder (10 DH).

Plus loin, une piste à droite, non conseillée aux voitures de tourisme, se dirige vers Imi n'Ouaka, qui compte un grand nombre de kasbahs dans un paysage féérique.

À Alemdoun, une autre déviation à droite nous conduit à Amajgag et de là une piste de montagne continue par Imeskar et un col de trois mille mètres jusqu'à la haute vallée du Mgoun.

Peu après, une dernière piste à gauche nous permet d'entrer à Rbat, où nous admirerons la kasbah ancienne de la famille Oumergdal, ouverte à la visite (31º 24,868’ N - 6º 12,693’ W). La route goudronnée, de sa part, finisse à Ait Toumert, après avoir passé près de la kasbah d'Ait Lala, à Ait Khalifa.

Entre Quelat Mgouna et Boumalne Dadès, la route suit toujours la vallée, où sont établis jardins, villages et kasbahs.
La première kasbah qu'on doit mentionner est celle d'El Goumt (31º 17' 444 N - 6º 02' 578 W), un ensemble de deux bâtiments qui appartenaient autrefois au Glaoui et sont passés plus tard aux mains de l'État marocain. Malheureusement, ils restent fermés au public et ils se dégradent petit à petit sans que les autorités compétentes fassent aucun effort pour l'éviter, malgré le rapport officiel dont ils disposent depuis 1975 sur ses possibilités d'exploitation touristique.

Près de Souk el Khemis (le souk du jeudi), on découvre sur la droite la kasbah d'Ait Kassi (31º 18,695’ N - 6º 01,460’ W), annoncée comme "Maison d'Hôtes et Musée d'art berbère".
Construite en deux étapes entre 1920 et 1950, elle mérite la visite par son excellent état de conservation et par les objets traditionnels qui y sont exposés : une intéressante collection de bijoux et de nombreux objets anciens. Cette heureuse initiative des propriétaires contraste avec le manque d'intérêt de l'État pour sa voisine d'El Goumt. Pour la visite, vous donnez ce que vous voulez.

Plus loin, à Agafai, nous verrons la belle kasbah d'El Haj Moha Ou Abdessalam (31º 20,240 N - 6º 00,495’W). Elle date du début du 20ème siècle et attire l'attention par sa galerie extérieure avec des arcades, ainsi que par la riche décoration des murs et des tours. Elle est malheureusement à l'abandon, mais elle n'a pas encore commencé à tomber en ruine.

À Ait Bou Allal apparaît, par contre, la kasbah du Haj Moha ou Brahim (31º 21,984’ N - 5º 59,793’ W), encore habitée et bien entretenue, même si elle est beaucoup moins pittoresque que la précédente. D'autres kasbahs placées sur cette étape sont un peu à l'écart de la route, mais aucune d'entre elles n'offre un intérêt particulier.

En arrivant à Boumalne, on trouve les ruines du vieux ksar Aït Idir et, un peu plus loin, la kasbah d'Ait Ouzza, une des plus hautes de la région : 18 mètres.

Elle est encore en bon état parce qu'elle est toujours habitée, mais en principe elle ne se visite pas.

Du centre de Boumalne part une piste praticable avec n'importe quelle voiture, qui remonte la vallée du Dadès par la rive gauche du fleuve, jusqu'à Slilo. Là se dresse la kasbah du caïd Mimoun (31º 23' 356 N - 5º 59' 144 W), qui compte cinq niveaux. Elle est à vendre (voir la rubrique "acheter une kasbah").

On parvient aux autres villages de la vallée par une route bien goudronnée qui monte jusqu'à Msemrir par un joli paysage de haute montagne plein de canyons, de gorges et de curieuses formations en conglomérat.

La première kasbah de cette étape est située face au hameau d'Ighrem Melloul, à Ait Moutad (31º 24,804' N - 6º 00,153' W) et fut construite en 1939 par Mohadach Ou El Haj, qui était à ce moment le représentant du Glaoui dans la contrée. C'est la seule kasbah dans tout le sud du Maroc qui possède cinq tours au lieu des quatre tours classiques. Cette cinquième tour a été imposée par le terrain, la kasbah étant bâtie au bord d'une falaise. Elle est ouverte à la visite. L'intérieur est surprenant par son style urbain, avec un grand patio central et des arcades recouvertes de plâtre sculpté. De la terrasse on obtient une vue magnifique sur la vallée.

À Ait Larbi se ressemblent trois kasbahs construites vers la fin du XIXe siècle, très riches en décoration. Le paysage qui les entoure accroît encore plus leur valeur artistique, en leur offrant un des cadres les plus spectaculaires de la région. Celle d'Aït Khoya Ali (31º 27,445’ N - 6º 58,299’ W) est ouverte à la visite moyennant un pourboire.

On trouve la kasbah suivante à Ait Idir, très simple. Par la suite on rentre dans les gorges du Dadès et, quand la vallée s'ouvre à nouveau, apparaît la magnifique kasbah d'Imdiazen, décorée avec finesse et assez bien entretenue. On ne la visite pas car les propriétaires n'habitent pas sur place.

Il y a aussi une kasbah à Ait Amer et deux plus petites à Tighadouine, un joli village placé sur une colline. À partir de là, l'intérêt architectural de la vallée se réduit beaucoup, jusqu'à Msemrir. Dans cette petite ville se conservent les ruines de l'Ighrem Akedim et il y a aussi une kasbah dont nous reparlerons au chapitre "acheter".

Étape 3 : du Dadès à la Vallée du Todra

La route nationale parcourt entre Boumalne Dadès et Tinghir un paysage absolument désertique qui change seulement en deux points : Imider et Timadrouine. À Imider on découvre rien moins que sept kasbahs, datées pour la plupart du début du XXe siècle. Sans doute la plus remarquable par sa taille et son décor extérieur est celle de Mohadach Ou El Haj (31º 22,215’ N - 5º 47,286 W), le même personnage qui plus tard se fit bâtir la kasbah d'Ait Moutad dans la vallée du Dadès. Celle d'Ouchtouban, située entre les jardins, est également grande et pittoresque. Celle qu'on appelle Tin Jamaia (31º 22,334’ - N 5º 47,499’ W) est en cours de restauration par la Commune. Les autres restent plus modestes. On parlera de l'une d'entre elles au chapitre "acheter".

Visite de Tinghir

À Tinghir il y a plusieurs kasbahs et un ancien ksar (31º 31,170 N - 5º 31,662' W) encore habité, bien qu'il ait perdu son mur d'enceinte et les six entrées monumentales qu'il possédait à l'origine. On l'appelle souvent "le quartier des Juifs" parce qu'autrefois quelques familles hébraïques y habitaient. De toutes ces kasbahs, la plus visible est la kasbah du Glaoui (31º 02,824' N - 7º 07,773' W), bâtie en 1919 sur une colline et de très grandes proportions, mais elle est dans un mauvais état de conservation (pour avoir plus de renseignements, voir le chapitre "acheter").

Par contre, la kasbah du Cheikh Bassou (31º 30,917' N - 5º 32,030' W) fut complètement restaurée en 1994 et transformée en hôtel. Elle se caractérise par son patio entouré de piliers et d'arcades. Tout le monde peut la visiter moyennant une consommation au bar ou bien au restaurant. À l'intérieur sont présentées, en plus, des expositions d'art.

Près de Tinghir, la mosquée Ikelane (31º 31' 683 N - 5º 31' 466 W) est un des monuments de visite incontournable dans la route des mille kasbahs. Elle fait partie du ksar Afanour et elle fut restaurée en 2007 par l'Association Afanour de Développement avec l'aide économique de l'hôtel Tomboctou et d'un groupe d'architectes catalans.

La vallée du Todra

Autour de Tinghir s'étend une des plus belles et des plus verdoyantes vallées du sud du Maroc, dans laquelle on retrouve les palmiers, et aussi une des plus grandes concentrations de constructions en terre, d'une extrême variété. Pour connaître en détail la contrée, nous vous conseillons le catalogue L'habitat traditionnel dans la vallée du Todra cité dans le chapitre "livres". Ici nous parlerons seulement des plus remarquables de la centaine de monuments qui comprend la vallée, entre kasbahs et ksour.

Au nord de Tinghir, la route qui se dirige vers les gorges du Todra offre des vues magnifiques sur la palmeraie verdoyante et ses nombreux ksour, comme le ksar Ait Boujane où tout le monde fait la photo typique; le ksar Asfalou (31º 32,674' N - 5º 33,447' W), très impressionnant par sa situation au bord de la falaise, ou le ksar Ait Senan (31º 33,108' N - 5º 34,500' W), de grandes dimensions. Ces ksour sont pour la plupart en ruine. On y accède au cours d'une agréable promenade pédestre dans l'oasis, ou bien par une route secondaire de 4 Km. qui parcourt la rive gauche du Todra.

Il y a aussi quelques kasbahs, beaucoup mieux entretenues que les ksour, par exemple celle d'Ali Dani à Ait Zilal (31º 32,470' N - 5º 33,226' W), grande et belle. Cependant, la valeur artistique de ces kasbahs est nettement inférieure à celle des kasbahs que nous avons pu voir dans les vallées d'Ounila, du Mgoun ou du Dadès. Les kasbahs du Todra sont les dernières que nous allons trouver dans notre voyage vers l'est, car à partir d'ici toute l'architecture traditionnelle est composée de ksour.

Finalement, les marabouts sont aussi très abondants dans la vallée du Todra et certains d'entre eux nous paraissent très pittoresques par leurs formes ou par le lieu où ils ont été bâtis.

Tizgui (31º 34,561’ N - 5º 35,121’ W) est le dernier ksar avant de rentrer dans les gorges du Todra et l'un des mieux conservés, bien que de mesures très modestes. À l'intérieur, une maison ancienne a été transformée en musée (entrée : 50 DH).

À l'est de Tinghir, l'oasis s'étend encore sur quinze kilomètres avec de nombreux ksour et kasbahs. Plusieurs pistes et routes permettent le parcourir en voiture ou en vélo.

Un des ksour les plus connus est El Hart n'Iaamine, important centre potier encore très actif. Pas loin d'El Hart se situe le petit ksar Taghia, d'où était originaire le chef mythique des Ait Ata Assou Ou Bassalam, héros de la résistance au protectorat français au début du 20ème siècle.

Quant au ksar Taghzoute, la riche décoration en adobe de ses deux entrées monumentales est remarquable. À proximité se tient le jeudi un important souk rural.

Un sentier qui naît un peu plus loin du souk nous amène à la kasbah d'Ait Amou (31º 26,833’ N - 5º 25,901’ W), de aux dimensions impressionnantes, aujourd'hui inhabitée. De l'autre côté de la rivière se trouve le ksar Tadafalt, de petite taille et assez délabré, entouré d'une palmeraie verdoyante. On en obtient une très belle vue du haut d'une colline où se dresse une ancienne tour de guet qui domine toute l'oasis. Un des derniers ksour de cette zone est Agoudim n'Ait Yazza, construit vers 1880 et encore assez bien conservé malgré malgré son abandon. Il surprend par la régularité de la structure de ses rues, très différente d'autres ksour plus anciens comme Tinghir, et qu'on retrouvera plus loin à El Khorbat Oujdid et dans les vallées du Ziz et du Gheris.

Étape 4 : de Tinghir à Tinejdad par les gorges du Gheris

Beaucoup plus intéressant que la route nationale, cet itinéraire parcourt des beaux paysages de montagne, plusieurs défilées et des villages avec ses kasbahs.

Après les gorges du Todra, pendant 18 Km. la route parcourt l'intérieur d'un canyon. La vallée s'ouvre à nouveau en arrivant à Tamtatoucht. Dans ce village de haute montagne se ressemblent neuf kasbahs bâties pendant la première moitié du XXe siècle et encore habitées pour la plupart ou utilisées pour y stocker les récoltes.

Au delà de Tamtatoucht, la route conduit à Ait Hani, où il y a plusieurs kasbahs réparties entre les différents groupements de population qui forment ce centre administratif. À Ait Hani, on laisse à gauche la route d'Imilchil, au long de laquelle, dans la vallée de l'Assif Melloul, on trouve également beaux bâtiments en terre.

Un arrêt s'impose à Assoul, village entouré de champs de pommiers dans lequel se trouve la Zaouïa de Sidi Bou Yacoub (31º 56,867’ N - 5º 12,456’ W), ainsi qu'une belle kasbah. En suite on passe dans les gorges d'Imider et on y voit plusieurs hameaux très pittoresques, dont un, nommé Ifri, situé dans une sorte de grotte (32º 00,783' N - 05º 03,973' W).

À Amellaghou on prend à droite pour continuer à suivre la vallée du Gheris, en passant par de nombreux ksour. Nous mentionnerons entre autres Timezguit pour son allure et Ighrem Amokrane, appelé aussi Tighremt n'Ighrane, pour sa valeur historique.

Une piste qui naît à Tadighoust conduit en deux kilomètres au ksar Mo, pittoresque par sa situation sur un piton rocheux, même s'il est à l'abandon. Au pied de ce ksar vous trouverez l'un des centres potiers les plus importants de la région.

Plus loin apparaît le curieux ksar Magamane (31º 42,726’ N - 4º 58,638’ W), qui contient un grenier du sultan daté du XVIIe siècle. Malheureusement tout est en ruine.

Et le dernier ksar qu'on trouve dans cette route, avant d'arriver à Goulmima, est Ait Yahia ou Othmane (31º 42,043' N - 4º 58,283' W), l'un des plus grands de toute la région et encore partiellement habité. Son entrée monumentale est magnifique et la mosquée comporte un haut minaret en terre.

Goulmima est une ville moderne née autour du très important ksar Igoulmimen (31º 41,487' N - 4º 56,527' W) ; important par sa taille, par son antiquité, par les hautes tours qui gardent son entrée et par son activité commerciale traditionnelle, comprenant un quartier juif de grandes dimensions.

Dernièrement, cependant, ce ksar a été objet d'un plan de réhabilitation très critiquable ; la superbe mosquée a été détruite et remplacée par une nouvelle en béton ; les fameuses tours ont été reconstruites avec une structure de béton, ôtant à l'entrée principale sa valeur esthétique d'antan ; même l'entrée secondaire qui donne accès à l'ensemble par l'ancien quartier juif a perdu son magnifique décor d'origine.

Le point fort de l'oasis de Ferkla est le ksar El Khorbat Oujdid (31º 29,693' N - 5º 05,206' W), construit vers la moitié du XIXe siècle et maintenant en cours de réhabilitation par une association locale, qui travaille en collaboration avec plusieurs organismes internationaux et aussi avec des investisseurs privés.

Ce ksar fut la capitale politique des Ait Mergad jusqu'aux années 1930 et possède une valeur artistique très spéciale grâce à la structure de ses ruelles couvertes, carrément régulière, avec des puits de lumière aux carrefours.

L'association a établi ses locaux à l'intérieur du ksar et y mène différentes activités qui visent à dynamiser la vie économique et culturelle des habitants: artisanat féminin, cours de préscolaire, cours d'alphabétisation pour les femmes, ex1positions d'art, etc...

En plus, l'association réalise de nombreux projets destinés à sauvegarder le ksar même et son entourage, comme le déblayage du canal d'irrigation, un réseau d'assainissement, le dallage des ruelles obscures et le revêtement des remparts.

À l'intérieur du ksar El Khorbat Oujdid, le Musée des Oasis comprend une vingtaine de salles dans lesquelles de très nombreux objets anciens, des photos, des cartes, des plans, des textes et des maquettes permettent au voyageur de découvrir les différents aspects de la vie traditionnelle de la région.

Juste à côté du ksar El Khorbat Oujdid il y en a un autre appelé El Khorbat Akedim, qui pourrait dater du 15ème siècle. La structure de ses rues est beaucoup plus compliquée, comme cela se pratiquait jadis. Malheureusement, son état de conservation est assez précaire. L'association AEDI a réalisé quelques travaux pour la restauration de l'entrée monumentale et le mur d'enceinte reste début, reste débout, mais beaucoup des maisons qu'il renferme sont en ruine ou bien elles ont été remplacées par des constructions modernes en béton qui cassent l'esthétique de l'ensemble.

Le ksar Asrir (31º 30,570' N - 5º 04,422’ W) était l'ancienne capitale économique de l'oasis. Il se compose de sept quartiers collés les uns aux autres ; une partie fût détruite par les crues de la rivière, mais le reste est toujours habité. Dans l'un d'eux, il y a une mosquée avec un haut minaret en terre crue, qui pourrait dater de l'époque almoravide.

Sat mérite aussi une visite. Il est composé de trois ksour, dont l'un d'eux comprend un ancien quartier juif. De son côté, le ksar Ait Assem présente un grand rempart entouré d'un fossé.

Un peu plus loin, Talalt se distingue par le décor de son entrée monumentale et la Zaouïa de Sidi l'Houari (31º 31,698’ N - 5º 01,187’ W) par son pittoresque minaret.

Un autre ksar remarquable par la décoration de sa porte est Ait Maamer Jdid, qu'on voit à gauche de la route de Goulmima. Au delà de ce ksar, la fleuve Todra prend le nom de Oued Ferkla.

Comme excursions à faire au départ de Tinejdad, il faut mentionner le ksar Taghia, situé sur la piste qui se dirige vers Alnif, et surtout le parcours par une nouvelle route qui conduit à Aghbalou n'Kerdous. Celle-ci passe par plusieurs oasis de montagne où se dressent des ksour magnifiques, comme Taghia n'Ifegh et Igoudamène.

Étape 3 : du Dadès à la Vallée du Todra

La route nationale parcourt entre Boumalne Dadès et Tinghir un paysage absolument désertique qui change seulement en deux points : Imider et Timadrouine. À Imider on découvre rien moins que sept kasbahs, datées pour la plupart du début du XXe siècle. Sans doute la plus remarquable par sa taille et son décor extérieur est celle de Mohadach Ou El Haj (31º 22,215’ N - 5º 47,286 W), le même personnage qui plus tard se fit bâtir la kasbah d'Ait Moutad dans la vallée du Dadès. Celle d'Ouchtouban, située entre les jardins, est également grande et pittoresque. Celle qu'on appelle Tin Jamaia (31º 22,334’ - N 5º 47,499’ W) est en cours de restauration par la Commune. Les autres restent plus modestes. On parlera de l'une d'entre elles au chapitre "acheter".

Visite de Tinghir

À Tinghir il y a plusieurs kasbahs et un ancien ksar (31º 31,170 N - 5º 31,662' W) encore habité, bien qu'il ait perdu son mur d'enceinte et les six entrées monumentales qu'il possédait à l'origine. On l'appelle souvent "le quartier des Juifs" parce qu'autrefois quelques familles hébraïques y habitaient. De toutes ces kasbahs, la plus visible est la kasbah du Glaoui (31º 02,824' N - 7º 07,773' W), bâtie en 1919 sur une colline et de très grandes proportions, mais elle est dans un mauvais état de conservation (pour avoir plus de renseignements, voir le chapitre "acheter").

Par contre, la kasbah du Cheikh Bassou (31º 30,917' N - 5º 32,030' W) fut complètement restaurée en 1994 et transformée en hôtel. Elle se caractérise par son patio entouré de piliers et d'arcades. Tout le monde peut la visiter moyennant une consommation au bar ou bien au restaurant. À l'intérieur sont présentées, en plus, des expositions d'art.

Près de Tinghir, la mosquée Ikelane (31º 31' 683 N - 5º 31' 466 W) est un des monuments de visite incontournable dans la route des mille kasbahs. Elle fait partie du ksar Afanour et elle fut restaurée en 2007 par l'Association Afanour de Développement avec l'aide économique de l'hôtel Tomboctou et d'un groupe d'architectes catalans.

La vallée du Todra

Autour de Tinghir s'étend une des plus belles et des plus verdoyantes vallées du sud du Maroc, dans laquelle on retrouve les palmiers, et aussi une des plus grandes concentrations de constructions en terre, d'une extrême variété. Pour connaître en détail la contrée, nous vous conseillons le catalogue L'habitat traditionnel dans la vallée du Todra cité dans le chapitre "livres". Ici nous parlerons seulement des plus remarquables de la centaine de monuments qui comprend la vallée, entre kasbahs et ksour.

Au nord de Tinghir, la route qui se dirige vers les gorges du Todra offre des vues magnifiques sur la palmeraie verdoyante et ses nombreux ksour, comme le ksar Ait Boujane où tout le monde fait la photo typique; le ksar Asfalou (31º 32,674' N - 5º 33,447' W), très impressionnant par sa situation au bord de la falaise, ou le ksar Ait Senan (31º 33,108' N - 5º 34,500' W), de grandes dimensions. Ces ksour sont pour la plupart en ruine. On y accède au cours d'une agréable promenade pédestre dans l'oasis, ou bien par une route secondaire de 4 Km. qui parcourt la rive gauche du Todra.

Il y a aussi quelques kasbahs, beaucoup mieux entretenues que les ksour, par exemple celle d'Ali Dani à Ait Zilal (31º 32,470' N - 5º 33,226' W), grande et belle. Cependant, la valeur artistique de ces kasbahs est nettement inférieure à celle des kasbahs que nous avons pu voir dans les vallées d'Ounila, du Mgoun ou du Dadès. Les kasbahs du Todra sont les dernières que nous allons trouver dans notre voyage vers l'est, car à partir d'ici toute l'architecture traditionnelle est composée de ksour.

Finalement, les marabouts sont aussi très abondants dans la vallée du Todra et certains d'entre eux nous paraissent très pittoresques par leurs formes ou par le lieu où ils ont été bâtis.

Tizgui (31º 34,561’ N - 5º 35,121’ W) est le dernier ksar avant de rentrer dans les gorges du Todra et l'un des mieux conservés, bien que de mesures très modestes. À l'intérieur, une maison ancienne a été transformée en musée (entrée : 50 DH).

À l'est de Tinghir, l'oasis s'étend encore sur quinze kilomètres avec de nombreux ksour et kasbahs. Plusieurs pistes et routes permettent le parcourir en voiture ou en vélo.

Un des ksour les plus connus est El Hart n'Iaamine, important centre potier encore très actif. Pas loin d'El Hart se situe le petit ksar Taghia, d'où était originaire le chef mythique des Ait Ata Assou Ou Bassalam, héros de la résistance au protectorat français au début du 20ème siècle.

Quant au ksar Taghzoute, la riche décoration en adobe de ses deux entrées monumentales est remarquable. À proximité se tient le jeudi un important souk rural.

Étape 5 : de Tinejdad à Erfoud et Rissani

Plusieurs ksour accompagnent la route de Tinejdad à Erfoud. Entre eux, Touroug a été restauré par le Ministère de l'Habitat et Achouria par une association locale avec l'aide du Programme Oasis du Sud. Cette dernière restauration est d'une haute qualité, bien que l'ensemble a perdu beaucoup de charme avec la construction d'une immense mosquée en béton à la place de l'ancienne mosquée en terre.

Au nord d'Erfoud, dans l'oasis de Tizimi, une route à gauche conduit au ksar Jrana (31º 27,048' N - 4º 14,000' W), qui a aussi bénéficié dernièrement d'un plan de réhabilitation. Aux autres ksour de cette palmeraie on y arrive par plusieurs pistes depuis la route de Jorf et la route d'Errachidia.

Encore un peu plus au nord se trouve le plus grand ensemble architectural de toute la région : Maadid (31º 27' 987 N 4º 12' 922 W). Il comprend quatre ksour collés entre eux et son architecture offre un intérêt très élevé. Pour cette raison il est visité fréquemment par les touristes. En 1968, Maadid fut objet d'un plan d'amélioration des conditions de vie de ses habitants financé par la FAO, grâce auquel il continue d'être totalement habité. Malheureusement la superbe entrée a été refaite en béton.

Le Ziz, entre Erfoud et Errachidia

Au nord de Maadid, la palmeraie laisse la place à un paysage aride, avec même quelques petites dunes. Une fois passées ces étendues arides, nous prenons la première déviation à gauche. Tout de suite nous voyons le ksar Bathatha (31º 36' 923 N - 4º 13' 113 W), fort pittoresque avec ses deux portes monumentales successives. En suite, la Zaouïa Jdida (31º 36,982' N - 4º 13,574' W), toujours habitée, est dans un bon état de conservation et ses rues pavées offrent un aspect serein et mystérieux.

En suivant la même petite route on arrive à El Maârka (31º 38,274' N - 4º 12,892' W), un ancien palais de Moulay Ismail dont il reste une porte fastueuse, décorée dans un style citadin, avec profusion de mosaïques et de plâtre sculpté. Mais l'intérieur de l'enceinte est en ruine.

Avant de ressortir à la route nationale, on passe encore à Zrigat, un groupement de ksour qui furent très importants autrefois, mais qui ont souffert des inondations, puis au ksar El Gara, (31º 42,466' N - 4º 11,774' W) de double muraille et plan carré très régulier.

De retour à la route principale, les ksour se succèdent l'un après l'autre, encore habités et pleins d'activité : Oulad Cheker (31º 46,413' N - 4º 13,256' W), Ait El Khelef, etc... Un peu plus tard, au fond du canyon, on distingue la Zaouïa Amelkis (31º 48' 624 N - 4º 16' 117 W).

On arrive ensuite à Meski (31º 51,307’ N - 4º 17,358’ W), juché au sommet d'une falaise. La vue est splendide, mais le ksar est en ruine. Non loin, il y a une source naturelle transformée en piscine et entourée de palmiers verdoyants.

Errachidia est une ville moderne située en pleine palmeraie de Mdaghra, qui comprend rien moins que 37 ksour, accessibles par différentes pistes et routes. Malheureusement, un grand nombre de ces ksour ont été détruits par les successives inondations.

Dans le périmètre urbain d'Errachidia nous devons signaler le ksar Targa, qui a été objet d'un plan de réhabilitation et reste complètement habité. Il comprend deux quartiers, l'un protégé par une double muraille, dans lequel vivaient les Chorfa, et l'autre qui l'entoure, occupé à l'origine par les laboureurs de peau foncée qui travaillaient la terre appartenant aux premiers.

La haute vallée du Ziz

En sortant d'Errachidia vers le nord par la piste qui naît près du ksar Targa, on arrive à Ksar Souk, composé en fait par quatre ksour, après avoir passé à côté d'autres villages fortifiés. Ksar Souk avait autrefois une grande activité commerciale et donnait son nom à tout le district. Une bonne partie de ses habitants étaient des Juifs.

L'ancienne route qui parcourt la rive gauche du Ziz permet aussi de visiter beaucoup d'autres ksour de Mdagra et de rejoindre ensuite la nationale.

Celle-ci nous conduit vers les gorges du Ziz par un beau paysage, qui commence avec le barrage Hassan Eddakhil et suit avec la palmeraie verdoyante de Tialaline, enfermée entre des murs de roche.

Dans cette oasis on voit trois groupes de ksour d'une grande importance historique et assez pittoresques, même si leur taille est réduite : Ait Atmane (32º 04,782' N - 4º 23,163' W), Ifri (32º 07,515’ N - 4º 21,954’ W) et Tamarkecht (32º 08,252’ N - 4º 21,780’ W).

Au delà des gorges du Ziz, la vallée s'ouvre et, même si on rencontre encore quelques ksour, leur intérêt diminue peu à peu parce qu'ils sont chaque fois plus petits, et la plupart sont en ruine.

Au sud d'Erfoud commence une des plus grandes oasis de toute la région et l'une des plus connues : le Tafilalet

Elle est célèbre car, tout au long de l'Histoire, elle était une importante étape pour les caravanes qui reliaient Fès à l'Afrique Noire et un centre commercial de tout premier ordre. On voit encore les ruines de la grande ville qui fut Sijilmassa (31º 17,111’ N 4º 16,550’ W) du VIIIe au XIVe siècles.

La palmeraie se trouve dans un état pitoyable à cause de la sécheresse, mais du point de vue architectural la richesse du Tafilalet reste considérable.

On y compte une cinquantaine de ksour encore habités et une demi douzaine d'anciens palais bâtis par les Alaouites, dynastie surgie elle même de cette oasis au XVIIe siècle. Parmi ces palais, on doit mentionner El Fida, Oulad Abdelhalim et Abbar.

El Fida (31º 18,483' N - 4º 15,048' W) a été restauré par l'État marocain et est ouvert au public. Il contenait un musée qui n'existe plus, mais le bâtiment peut être visité moyennant une pourboire pour le gardien. On y arrive depuis Rissani par la route de Mezguida.

Abbar (31º 16,666' N - 4º 15,094') n'est plus qu'un amas de ruines, où on distingue quelques portails curieusement intacts, présentant un magnifique décor de style citadin. On y arrive à pied par un sentier vers le sud depuis le mausolée de Moulay Ali Chérif.

Oulad Abdelhalim (31º 16,209' N - 4º 14,510' W) est en cours de restauration mais on peut le visiter aussi. Pendant longtemps, ce fut la résidence du représentant du sultan dans l'oasis. Il comprend un quartier où habitaient les esclaves et un autre pour les Chorfa, en plus du palais lui-même. La dernière reconstruction est datée par une inscription en 1846, mais son origine est du XIVème siècle.

Un peu plus à l'est, de l'autre côté de la route qui mène à Oulad Abdelhalim, on découvre les restes du ksar Tighmert (31º 16,821' N 4º 14,736' W), qui appartenait également au sultan et qui fut détruit en 1919 au cours d'une terrible bataille entre l'armée française et les résistants Ait Ata. Un autre palais, appelé Dar Beida (31º 17,605' N 4º 13,399' W), fut bâti au XVIIIème siècle par ordre de Sidi Mohamed Ben Abdellah et est lui aussi dans un état pitoyable.

Quant aux ksour habités par la population locale, ils sont éparpillés dans toute la palmeraie ; on peut accéder à nombre d'entre eux par le "circuit touristique" qui naît près du mausolée de Moulay Ali Cherif et aussi à partir de la route de Mezguida.

Mentionnons le ksar Mezguida (31º 19,454' N - 4º 15,451' W) pour sa valeur architecturale, le ksar Tabouassamt (31º 14,386' N - 4º 16,455' W) pour son importance historique, le ksar Ouighlane (31º 15,576' N - 4º 17,193' W) pour sa grande taille et parce qu'il est encore complètement habité, le ksar Serghine (31º 15,441' N - 4º 13,255' W) par de ses ruelles absolument obscures et enfin le ksar Tingheras (31º 13,359' N 4º 18,193' W) juché sur une colline d'où l'on découvre toute l'oasis.

Au Tafilalet il y a aussi plusieurs ksour où l'on travaille la poterie, comme Guelagla (31º 19,929' N - 4º 18,339' W), Charfat Bahaj (31º 14,304' N 4º 17,495' W) et Moulay Abdelah Dkak (31º 17,259' N 4º 17,149' W).

Enfin, à l'intérieur de Rissani se trouve le ksar Abou Am (31º 16,916' N 4º 16,147' W), totalement habité et restauré dernièrement grâce à la coopération internationale. Son portail présente un certain style urbain, comme dans beaucoup d'autres ksour du Tafilalet qui, par le biais des caravanes, ont subi l'influence de Fès. Ce ksar est l'un des plus visités par les touristes.

Une centaine de mètres au nord d'Abou Am, on voit les restes d'une kasbah du 13ème ou 14ème siècle qui donna son nom à la ville actuelle. En fait de "kasbah", c'est en réalité un fort construit par le sultan en zone rurale, et cette construction n'a aucun rapport avec les kasbahs que nous avons vues au long de notre voyage. Une partie de cette kasbah de Rissani (31º 17,074’ N - 4º 16,121’ W) est occupée aujourd'hui par un petit musée où sont exposés les objets trouvés dans les feuilles de Sijilmassa (accès libre).

De Rissani on peut continuer par la route goudronnée jusqu'à Merzouga pour voir le désert et les dunes de l'Erg Chebbi. Mais là, pas de construction en pisé, car les habitants étaient des nomades qui habitaient dans les khaimas.

Étape 6 : de Rissani à Mhamid

De Rissani a Nkob

De Rissani à Nkob, la route parcourt un désert parsemé d'acacias épineux et de roches où les gravures rupestres ne manquent pas. Le seul endroit important du point de vue architectural est Tazzarine, le reste de la région étant une zone de nomadisme.

Tazzarine est une grande oasis constituée de plusieurs villages, dans laquelle nous trouvons à nouveau des kasbahs. Plusieurs pistes parcourent cette palmeraie et vous permettront d'admirer de belles constructions en terre.

En arrivant à Nkob, on découvre quatre dizaines de kasbahs qui surgissent d'une immense palmeraie, en composant une image magnifique si ce n'est pas une année de sécheresse. Toutes ces kasbahs furent bâties au début du 20ème siècle par des familles Ait Ata qui se sédentarisèrent à cette époque. Dernièrement, deux d'entre elles ont été réhabilitées en hôtels.

À Nkob même, à l'intérieur du complexe Baha Baha cité dans le chapitre "loger", il y a aussi un intéressant musée sur les traditions de la tribu Ait Ata, petit mais très charmant. Droit d'entrée : 10 DH.

De Nkob à Zagora

De qu'on sort de Nkob, on parcourt un pays aride et dépeuplé jusqu'à la vallée du Drâa, explosion de vie inespérée : une suite d'oasis dans lesquelles on trouve quelques dizaines de kasbahs et trois centaines de ksour.

Pour bien apprécier cette vallée, nous vous conseillons de lire le livre Trésors et merveilles de la vallée du Drâa mentionné dans le chapitre "livres".

En prenant à Tansikht la direction de Zagora, on découvre bientôt Ouaouzagour, qui est en ruine mais qui jouit d'une vue spectaculaire grâce à sa situation au bord de la falaise.

Un peu plus loin, à Oulad Atmane, nous verrons la kasbah du Caid Larbi (30º 36,263’ N 6º 10,077’ W), l'un des grands caïds du Drâa, qui fut l'allié du Glaoui pendant la première moitié du XXe siècle. Ce bâtiment est d'un style assez tardif, avec des plafonds de cèdre et des arcades qui entourent les fenêtres. La kasbah est ouverte à la visite touristique moyennant un droit d'entrée et une partie est transformée en maison d'hôtes.

À Tinzouline on trouve une kasbah très spéciale, appelée Er Ribat (30º 30,436' N - 6º 06,012' W). Elle est organisée autour d'une cour immense bordée de vingt-six piliers pour soutenir les galeries, mais sans arcades. Une famille charmante y habite et elle vous fera visiter si vous le demandez (prévoir un pourboire).

Avant d'arriver à Zagora, le ksar Tissergat (30º 23,784’ N - 5º 51,528’ W) mérite mérite une mention spéciale pour la magnifique vue d'ensemble qu'il offre. Il a été restauré en 1968 grâce au programme financé par la FAO duquel on a déjà parlé, de sorte qu'il se trouve aujourd'hui dans un bon état de conservation. À l'intérieur du ksar, un grand musée et une ancienne kasbah d'El Hiba transformée en hôtel.

De Zagora à Mhamid

Zagora est un centre administratif moderne qui n'a d'intérêt que pour ses confortables hôtels.

Le ksar Amezrou (30º 18,436’ N - 5º 49,356’ W) se trouve presque collé à Zagora. Il comprend un quartier où vivaient les Juifs avant leur émigration dans les années 1960 et une mosquée avec un curieux minaret en terre crue.

Un autre ksar à visiter absolument est Tamegroute, (30º 15,562’ N - 5º 40,861’ W) avec des ruelles obscures et mystérieuses. C'est aussi le centre potier le plus important du sud marocain et une zaouïa qui abrite une grande bibliothèque de manuscrits arabes. Mais cette bibliothèque occupe aujourd'hui un bâtiment de construction moderne. Par contre, le mausolée de Sidi Mohamed Ben Nasser, fondateur de la tarika Nasseria au XVIIe siècle, est ancien et jouit d'une belle décoration en plâtre sculpté et bois de cèdre (droit d'entrée laissé à votre appréciation)

Plus loin, la route abandonne la vallée où la rivière coule au fond d'un canyon, mais elle la rejoint à nouveau dans l'oasis de Ktaua, qui fut un autre des grands centres commerciaux historiques, comme le Tafilalet, à l'époque où les caravanes transhumaient du Maroc à l'Afrique sous-saharienne. Parmi les nombreux ksour de la Ktaua, les ksour Nesrat (30º 00,804’ N - 5º 31,781’ W), Beni Hayoun (29º 59,117’ N - 5º 33,027’ W) et Beni Sbih (29º 57,329’ N - 5º 33,774’ W) étaient les plus connus pour leur activité marchande.

À côté de Nesrat on trouve aussi un ksar beaucoup plus petit mais spectaculaire par sa hauteur et sa situation entre les dunes, Ait Isfoul. Il s'agit dans ce cas d'un petit village où habitaient les guerriers Ait Ata chargés de la défense de la population sédentaire de Nesrat, composée de paisibles agriculteurs, artisans et marchands.

Après l'oasis de Ktaua, nous quittons à nouveau la vallée pour éviter le défilé de Foum Larjam, où on voit de nombreux tumulus préhistoriques, et nous descendons à nouveau dans l'oasis de Mhamid. Là, les palmiers poussent entre des petites dunes qui composent un joli paysage.

Parmi tous les ksour de cette oasis, il faut parler d'Oulad Dris (29º 49,857’ N - 5º 39,337’ W), qui date du XVIIe siècle. Deux maisons du ksar ont été réhabilitées et contiennent un grand nombre d'antiquités, certaines d'entre elles très curieuses :

ARCHEO - EXPOSITION OULAD DRISS, tél. 0667966468. L'entrée coûte 20 DH y compris le thé et la visite guidée du ksar. Elle a été la première initiative de ce genre prise dans la région et elle présente un caractère plus culturel que sa voisine, car le promoteur est un ethnologue, mais la maison est plus petite.

MAISON TRADITIONNELLE - MUSÉE, tel. 0671517482. L'entrée coûte 10 DH y compris le thé.

Une fois arrivés à la moderne Mhamid, une piste nous permet de continuer vers le sud et de découvrir les derniers ksour, les plus méridionaux de la région. Parmi eux, il faut mentionner pour leur intérêt architectural celui de Mhamid El Ghozlan (29º 48,450’ N - 5º 44,236’ W) et celui de Talha (29º 48,834’ N - 5º 42,897’ W).

Dans ce dernier, les habitants ont relancé l'activité de poterie qui était importante autrefois.

Étape 7 : de Mhamid à Agdz

Pour atteindre Agdz à partir de Mhamid, il faut repasser par Zagora.

A Zagora, on peut suivre la route principale, la N 9, mais si vous disposez d'un véhicule tout terrain, prenez la piste qui suit la rive gauche du Drâa. En principe, cette piste n'est pas trop difficile pour une voiture de tourisme, sauf dans le moment des pluies.

Des nombreux ksour qui s'égrènent le long du Drâa, se distingue Timasla par sa zaouïa de belle façade et haut minaret en terre crue. On trouve aussi quelques kasbahs dont la plus étonnante est celle de Taakilt, la seule dans toute la région à posséder une tour ronde. L'explication se trouve peut être dans le fait que la kasbah fut construite à partir d'une tour déjà existante, mais la forme ronde reste exceptionnelle au sud du Maroc.

Une fois rejointe la route de Nkob, on peut continuer jusqu'à Agdz par la piste ou bien prendre la N 9 sur la rive droite du Drââ. Dans le premier cas, on découvre une kasbah très spectaculaire à Ait Hamou Ou Said (30º 40,962’ N - 6º 17,112’ W), qui domine avec arrogance la vallée du haut de son rocher. Mais c'est depuis l'autre rive que la vue sur cette Kasbah est la plus belle, avec la rivière majestueuse au premier plan. Construite en 1930, elle appartenait à un représentant du Glaoui et passa après aux mains de l'État marocain, qui l'utilisa un certain temps comme école avant de l'abandonner complètement. En 2009, elle a été restaurée par la fondation de la BMCE et transformée en école.

Si vous préférez suivre le goudron, vous aurez un beau point de vue sur la kasbah d'Ait Hamou Ou Said en faisant une agréable promenade à pied depuis Timidert et vous verrez celle d'Igargar, encore habitée, tout près de la route.

En tout cas, nous devrons tôt ou tard passer sur la rive gauche pour visiter le ksar Tamnougalt (30º 40,505’ N 6º 23,300’ W). De grande taille, il était autrefois la capitale de la tribu Mezguida et le siège du caïd qui représentait le sultan dans la zone. Les caïds successifs se firent bâtir différentes kasbahs, tout d'abord à l'intérieur puis à l'extérieur du ksar, quelques unes très spectaculaires par leurs proportions et par leur décoration, unique dans tout le Maroc.

Une de ces kasbahs a été transformée maintenant en restaurant avec quelques chambres, l'ensemble du village ayant bénéficié d'un programme de réhabilitation avec financement espagnol. De plus, le ksar a été objet d'une étude bien détaillée de la part du CERKAS, de l'Université Polytechnique de Catalogne et du Collège d'Architectes Techniques de Barcelone, qui rendirent un intéressant rapport (mentionné dans le chapitre "livres"). Les kasbahs de l'extérieur sont impressionnantes par leur situation sur une colline (30º 40,640' N - 6º 23,797' W), mais elles sont en mauvais état.

De Tamnougalt à Agdz on peut aller par la route goudronnée ou bien par une piste qui suit la rive gauche, en passant par le ksar et la kasbah de Tiliouine, en ruine.

Une fois arrivés à Agdz, une route locale de deux kilomètres nous conduit à la kasbah du caid Ali à Aslim (30º 42,774’ N - 6º 26,697’ W), qui fut construite au début du 20e siècle et devint le siège de l'ancien caid de Tamnougalt à partir de 1924. Son décor et sa structure traduisent une certaine influence urbaine, surtout dans son riad annexe : un patio autrefois planté d'orangers et de citronniers entouré de galeries.

Aujourd'hui cette kasbah se trouve dans l'enceinte du camping et elle contient des croquis et des rapports rédigés par une association allemande qui collabore à la restauration du monument. La visite guidée coûte 25 DH par personne.

D'Aslim part une piste assez difficile qui conduit à Tizgui, à Rbat et à d'autres villages de la haute vallée du Drâa, très pittoresques. C'est une courte excursion très recommandée à ceux qui disposent d'une voiture tout terrain.

Étape 8 : d'Agdz à Marrakech par Tasla et Taznakht

D'Agdz à Ouarzazate, la route nationale traverse une région montagneuse avec des abîmes qui coupent le souffle et des paysages beaux par leur caractère agreste. Cependant, nous vous proposons un autre itinéraire avec moins de virages et qui, surtout, vous donnera l'occasion de visiter une dernière kasbah: celle de Tasla.

Tasla est un ancien ksar en ruine où une famille locale a entrepris la restauration de la maison du chef, tout en la transformant en musée. Nous soutenons cette initiative et nous vous invitons vivement à faire cette excursion.

En plus des nombreux objets d'usage traditionnel qu'il contient, ce musée mérite vraiment la visite par l'habitation elle même qu'il occupe et surtout pour ses plafonds et ses piliers en bois peint (Droit d'entrée : à votre appréciation).

À Taznakht on pren la route de Ouarzazate, mais, sans y arriver, on tourne à gauche vers Marrakech. Avant le col de Tichka on passe à Ighrem n'Ougoudal (31º 13' 693' N - 7º 10' 758' W), où un magnifique grenier collectif qui ressemble à une kasbah a été restauré par le Ministère de la Culture. On peut y accéder moyennant un pourboire pour le gardien qui habite à côté. À l'intérieur on voit les chambres à grains individuelles où les différentes familles stockaient leurs récoltes, distribuées autour d'un patio central fantastique, avec piliers en bois de thuya.

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