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Roger Mimó :
LA ROUTE DES 1000 KASBAHS |
Étape 6 : de Goulmima à Rissani
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L'ancienne route qui parcourt la rive gauche du Ziz permet aussi de visiter beaucoup d'autres ksour de Mdagra et rejoindre après la nationale. Celle-ci nous conduit vers les gorges du Ziz par un beau paysage, qui commence avec le barrage Hassan Eddakhil et suit avec la palmeraie verdoyante de Tialaline, refermée entre des murs de roche. Dans cette oasis on voit 3 groupements de ksour d'une grande importance historique et assez pittoresques, même si sa taille est réduite : Ait Atmane, Ifri et Tamarkecht. |
Au delà des gorges du Ziz, la vallée s'ouvre et, même si des ksour continuent à paraître, son intérêt se réduit peu à peu parce qu'ils sont chaque fois plus petits et la plupart se trouvent en ruine.

Le ksar Ifri
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À la sortie d'Errachidia on voit de la route un grand numéro de ksour de l'oasis de Mdagra, desquels on a déjà parlé. Après on arrive à Meski, qui mérite une mention spéciale par sa situation au bord de la falaise qui le fait très pittoresque vu de loin, si bien l'intérieur est tout en ruine. En plus, son entourage de palmiers est très verdoyant et à proximité il y a une source naturelle transformée en piscine. |
Plus tard on distingue la Zaouïa Amelkis au fond du canyon et on descend à Zouala. À partir de ce point, les ksour se succèdent l'un après l'autre, encore habités et pleins d'activité : Oulad Cheker, Ait El Khelef, etcetera.

Le ksar Oulad Cheker
Une route qui sort à droite conduit au ksar El Gara, de plan carré très régulier, et de là à Zrigat, un groupement de ksour qui furent très importants autrefois, mais qui ont souffert la calamité des inondations.
En suivant la même route on arrive à El Maarka, un ancien palais de la dynastie Alaouite duquel reste une porte fastueuse, décorée dans un style urbain, avec profusion de mosaïques et de plâtre sculpté. Mais l'intérieur de l'enceinte est en ruine.
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Porte du ksar El Maarka |
Intérieur du ksar El Maarka |
Par contre, la Zaouïa Jdida qui se lève au sud d'El Maarka continue habitée, dans un bon état de conservation, et ses rues pavées offrent un aspect serein et mystérieux. Un peu plus loin, le ksar Bathatha est fort pittoresque avec ses deux portes monumentales successives.
De retour à la route, on voit encore quelques autres ksour, puis la palmeraie laisse la place à un paysage aride, même avec quelques petites dunes. Celui-ci s'étend jusqu'à l'oasis de Tizimi, où se ressemblent de nouveaux ksour et entre eux le plus grand de toute la région : Maadid. Il comprend quatre quartiers séparés par des murs et son architecture offre un intérêt très élevé. Pour cette raison il est visité fréquemment par les touristes. En 1968, Maadid fut objet d'un plan d'amélioration des conditions de vie financé par la FAO et, grâce à ça, il continue complètement habité, en parfait état de conservation.
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Porte principale du ksar Maadid |
Intérieur de l'entrée monumentale du ksar |
Dans la même oasis de Tizimi, déjà à l'entrée d'Erfoud, une piste à droite conduit au ksar Jrana, qui a aussi bénéficié dernièrement d'un plan de réhabilitation. Aux autres ksour de cette palmeraie on y arrive par plusieurs pistes depuis la route de Jorf.

Rue centrale du ksar Jrana
Au sud d'Erfoud s'étend une des plus grandes oasis de toute la région et l'une des plus connues : le Tafilalet.
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Cette oasis est célèbre pour avoir constitué au long de l'histoire une importante étape des caravanes qui reliaient Fès à l'Afrique Noire et un centre commercial de tout premier ordre. La palmeraie se trouve aujourd'hui dans un état pitoyable à cause de la sécheresse, mais du point de vue architectonique la richesse du Tafilalet continue à être énorme. On y compte une demi centaine de ksour encore habités et une demi douzaine d'anciens palais bâtis par les Alaouites, dynastie qui surgit elle même de cette oasis au 17ème siècle. Entre ces palais on doive mentionner El Fida, Oulad Abdelhalim et Abbar. |
El Fida a été restauré par l'État marocain et ouvert au public comme musée. Il contient une collection d'objets traditionnels de différentes régions du Maroc et même de Mauritanie. On y arrive depuis Rissani par la route de Mezguida.
Il est ouvert de 8 à 18 h. et l'entrée coûte 20 DH.
![]() Palais El Fida : patio central |
![]() Palais El Fida : le hammam |
Abbar n'est rien plus qu'un amas de ruines, entre lesquelles on distingue quelques portails curieusement intacts, présentant un magnifique décor de style citadin. On y arrive à pied par un sentier vers le sud depuis le mausolée de Moulay Ali Cherif.
Portail de la mosquée d'Abbar
Oulad Abdelhalim, de sa part, se trouve dans un état de conservation assez mauvais mais on peut le visiter aussi. Pendant beaucoup d'années ce fut la résidence du représentant du sultan dans l'oasis. Il comprend un quartier où habitaient les esclaves et un autre pour les Chorfa, en plus du palais lui-même. Il est daté par une inscription en 1846, mais il se pourrait que son origine fût une autre construction plus ancienne.
Un peu plus à l'est, à l'autre côté de la route qui mène à Oulad Abdelhalim, on découvre les restes du ksar Tighmert, qui appartenait également au sultan et qui fut détruit en 1919 au cours d'une terrible bataille entre l'armée française et les résistants Ait Ata. Un autre palais, appelé Dar Beida, fut bâti au 18e siècle par ordre de Sidi Mohamed Ben Abdellah et se trouve aujourd'hui dans des conditions aussi pitoyables.
![]() Ruines du ksar Tighmert |
Ksar Oulad Abdelhalim |
En ce qui fait aux ksour habités par la population locale, ils sont éparpillés par toute la palmeraie ; on peut accéder à nombre d'entre eux par le "circuit touristique" qui naît près du mausolée de Moulay Ali Cherif et à d'autres par la route de Mezguida.
Entre eux nous parlerons du ksar Mezguida même par sa valeur architectonique ; du ksar Taboussamt par son importance historique ; du ksar Ouighlane par sa grande taille et par être encore complètement habité ; du ksar Serghine par la mystérieuse ambiance qui se vive dans ses ruelles absolument obscures et du ksar Tingheras par sa situation sur une colline de laquelle on découvre tout l'ensemble de l'oasis.

Ksar Tingheras
Au Tafilalet il y a aussi plusieurs ksour où l'on travaille la poterie, comme Guelala, Charfat Bahaj et Moulay Abdelah Dkak.
En fin, à l'intérieur de Rissani se trouve
le ksar Abou Am, totalement habité et restauré dernièrement grâce à la coopération
internationale. Son portail présente un certain aspect urbain, comme dans beaucoup d'autres ksour du Tafilalet,
du à l'influence de Fès à travers les relations commerciales.
Ce ksar est l'un des plus visités par les touristes.

Portail du ksar Abou Am
Une centaine de mètres au nord d'Abou Am, on voit les restes d'une kasbah du 13ème ou 14ème siècle qui donna son nom à la ville actuelle. Dans ce cas, on utilise le mot "kasbah" dans le sens des forts construits par l'État en zones rurales, sans aucune relation avec les kasbahs que nous avons vu au long de notre voyage. Une partie de cette kasbah de Rissani est occupée aujourd'hui par le Centre d'Études Alaouites.

De Rissani on peut continuer par la route goudronnée jusqu'à Merzouga pour voire le désert et les dunes de l'Erg Chebbi. Mais là on ne trouve pas d'architecture traditionnelle parce que les habitants étaient des nomades qui habitaient dans les khaimas.
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